

Il y a un an, j'ai entendu Hiroshi MURAYAMA faire le bœuf au « Duc des lombards » à Paris où je jouais moi-même ce soir-là. J'avais été intéressé par son approche très « classique » au piano, de la musique du jazz: « classique », je veux dire dans la tradition du jazz qui « swingue », élégant et avec de belles harmonies.
Récemment, il m'a fait écouter un enregistrement qu'il a réalisé à Paris avec Daiki Yasukagawa à la contrebasse,et Philippe Soirat à la batterie; et là, j'ai pu apprécier pleinement les qualités de ce pianiste : un son pur, d'une limpidité étonnante, une mise en place rigoureuse et un très bon goût dans le choix du répertoire. A ce propos, les compositions de Hiroshi MURAYAMA ont retenu mon attention par leur richesse rythmique et harmonique :
« Ballad of Lyrics 'For Lilika' » rappelle la sophistication de Bill Evans, avec le goût de la mélodie, ce lyrisme, cette sensibilité : une très belle ballade. Hiroshi MURAYAMA m'a étonné également dans son interprétation du « Be-bop » de Dizzy Gillespie, pris dans un tempo très rapide ; j'ai pu apprécier sa connaissance du be-bop ! En plus de ce « classicisme ».Dans « Freemason » , Hiroshi est très à l'aise sur cette grille complexe. L'interprétation de « The look of love » est très originale avec cet arrangement en 7 / 4 de la chanson de Burt Bacharach : il n'est pas facile d'être aussi fluide sur ce rythme impair, et Hiroshi y est tout-à-fait à l'aise ! « New change up » nous montre une autre facette du talent de compositeur du pianiste : ici se dégage une atmosphère mystérieuse qui nous fait dire que MURAYAMA possède décidément une imagination riche !
J'ai donc été très heureux d'entendre cet enregistrement, et je suis sûr que Hiroshi MURAYAMA est promis à une grande carrière de pianiste de jazz. C'est déjà un excellent jazz man, et en le félicitant, je lui souhaite d'avoir la reconnaissance qu'il mérite !
Alain Jean-Marie
Pianiste de jazz à Paris